
Mon premier week-end en Syrie a été bien rempli !
Tout d’abord, samedi matin (enfin plutôt midi… !), nous avons déambulé dans Damas à la quête d’un hammam. Sur mon chemin, je n’ai pas pu résister à l’envie de photographier ces vieux bus bariolés que l’on voit un peu partout dans la ville. Ces « tape-cul » sont recyclés pour les écoliers qui en gardent un souvenir très douloureux!

Nous avons également visité la vieille gare du Hedjaz édifiée en 1913 dont seul le hall d’entrée est conservé avec ses vitraux filtrant la lumière (photo du sol). A l’intérieur, une exposition présente le projet de métro à Damas appelé la « Green line », livraison prévue pour 2016. Espérons que ces travaux permettront de mettre davantage à jour la ville antique (du boulot en perspective pour les archéologues !). Derrière la gare, à l’emplacement des anciens rails, un gigantesque centre commercial est en construction, course éperdue vers la modernité oblige…

Traversant la vieille ville et ses anciennes maisons à pan de bois et torchis, nous nous sommes faufiler dans de petites ruelles pour atteindre le hammam d’époque mamelouke réservé aux femmes ce jour là (un voile est alors disposé devant la porte).Ne rêvez pas messieurs, je n’ai aucune photo à vous montrer, vous devrez vous contenter du Bain turc d’Ingres ou des tableaux de Delacroix pour nourrir votre imagination !

Un pur moment de bien être, on entre d’abord dans une grande salle circulaire où se trouve un bassin et des banquettes. Après avoir mis ses affaires dans un grand tiroir en bois, on entre dans les bains où l’on peut tester la salle à vapeur, le gommage et le massage, plutôt énergique tout de même ! Ici, il fait chaud et très humide, la lumière est filtrée par de petites ouvertures pratiquées dans les coupoles. On se lave ensuite au savon d’Alep en puisant de l’eau dans des cuves en marbre. Une fois poncée, lissée et rutilante à souhait, on retourne dans la grande salle pour se délasser en buvant un thé ou en déjeunant. Les femmes présentes ce jour là se sont alors mises à chanter et danser au rythme d’un petit tambourin! Bref, une expérience magique et enivrante, on en ressort presque vidée mais détendue. Il paraît que dans les hammams réservés aux hommes, ces derniers font des batailles d’eau, quels grands enfants, n’est-ce pas !
Après le plaisir des sens, un shawarma et un grand jus d’orange pressé, un peu d’activité intellectuelle tout de même avec l’organisation d’un colloque de l’Ifpo sur les villes de Bosra (Syrie du sud) et de Jerash (Jordanie) ou le devenir de la ville antique après la conquête des Arabes. J’y ai notamment appris que ce qui différencie les thermes romains de leurs successeurs, les hammams, c’est l’utilisation nouvelle de la vapeur et l’organisation d’un parcours à sens unique…dingue non…bon d’accord, ça n’intéresse que moi !
Dimanche, nous avons donc enchaîné sur la visite de Bosra après 2 heures de bus. Ce site fut successivement agglomération fortifiée à l’âge du Bronze, importante ville nabatéenne, capitale de la province romaine d’Arabie, florissante cité épiscopale à l’époque byzantine, et ville sainte musulmane occupée jusqu’à nos jours, malgré plusieurs expropriations malheureuses. Ici, rien n’est figé, les habitants vivent au milieu des vieilles pierres taillées dans le basalte local qu’ils réemploient pour édifier leur maison.
Le spectaculaire théâtre romain a été transformé en citadelle sous les Abbassides. Après cette journée au grand air, nous sommes tous rentrés bien fatigués mais… heureux !A bientôt !

Sympa comme tout le hammam !!
RépondreSupprimerEh non, moi aussi ça m'intéresse les différences entre les thermes romains et les hammam ! Tss tss !
Bisous
Sabine