


Prétextant un séminaire sur le vocabulaire de la ville à l’Institut français du Proche-Orient (Ifpo) à Beyrouth, nous en avons profité pour faire une excursion rapide au Liban. Pour cela, nous avons pris un taxi collectif et traversé les monts anti-Liban puis les monts Liban enneigés. Un spectacle magnifique et dangereux à la fois à cause de la tempête de neige au retour…et du chauffeur qui téléphone, trie les passeports des passagers pour la douane et planifie ses courses tout en conduisant sur un sol verglacé !


Après trois heures de route (ouf !), arrivée à Beyrouth, capitale du Liban ! L’Ifpo est situé au sein d’une sorte d’enclave française comprenant, entre autre, l’ambassade de France et le centre culturel français. Nous avons été logées dans des pavillons de l’époque du mandat derrière lesquels se trouve un grand immeuble criblé de traces de balles et autres projectiles…
Beyrouth, c’est une jolie femme qui a eu la petite vérole, dixit une chercheuse, et c’est assez vrai ! La rue de Damas, nord-sud, correspond à l’ancienne ligne de démarcation entre le quartier musulman à l’ouest et le quartier chrétien à l’est. En remontant cette rue vers le nord, on observe un paysage urbain très hétéroclite constitué d’immeubles encore tout cassés, de quartiers traditionnels plus ou moins préservés avec quelques maisons libanaises en pierre à arcades, très jolies (rue Monot), et des quartiers plus ou moins restaurés où se côtoient grands building et immeubles de style carton-pâte, pour ne pas dire kitsch quand ils imitent vaguement quelques palais néo-vénitiens.


Globalement, le maniement du klaxon est un sport national ici, il règne un vacarme et une pollution impressionnants dans cette ville en pleine mutation ! Le centre-ville, situé au nord, a été entièrement rasé par Hariri après la guerre, pour être refait à neuf, excepté quelques monuments religieux anciens et dorénavant restaurés.
A l’ouest de la place des martyrs où se trouve une tente à sa mémoire, se trouve la place de l’Etoile entièrement créée de toute pièce et bordée de rues à arcades. L’une de ses rues est dédiée à notre ancien président, Jacques. Ici, on trouve cafés, restos, discothèques et boutiques branchouilles, tout comme dans d’autres rues de la ville, comme la rue Gounaud à l’est. De grands espaces vides sont encore en chantier. Le long du port s’élèvent de très grandes tours, c’est le quartier des affaires, l’équivalent de la Défense à Paris. Le temps pluvieux et venteux ne nous a pas permis de faire une ballade le long de la Corniche d’où l’on peut contempler la mer.



Nous nous sommes donc rabattus sur le musée d’archéologie, véritable petite merveille ! Dans un édifice imitant un temple égyptien sont conservés toutes les trouvailles archéologiques nationales depuis la Préhistoire jusqu’à l’époque romaine, le bonheur !

Tout ce que je voyais avant dans les livres, étaient là sous mes yeux et subtilement mis en valeur par un très bel éclairage: sarcophage du roi Ahiram de Byblos, ex-voto du temple phénicien d’Eshmoun, statuettes en bronze et haches en or retrouvées dans le temple aux Obélisques de Byblos, très belle collection de vases en verre…! Pendant les conflits, la majorité des collections ont pu être protégées et certaines pièces, trop imposantes pour être transportées, ont été coulées dans une chape de béton.


Bien sûr, une visite sur un site archéologique s’imposait après cela, et pourquoi pas Byblos…
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