mercredi 25 février 2009

Byblos




Byblos, actuelle Jbeil, est située au nord de Beyrouth. Nous avons pris le bus et longé la côte très urbanisée, le Liban étant un tout petit pays très à l’étroit à causes des monts Liban et anti-Liban. Arrivées à Byblos, après un petit moment de découragement dû aux trombes d’eau déferlant sur le site, un cappuccino et une grosse gaufre au chocolat (très local, n’est-ce pas !), nous avons pu pointer notre nez à l’extérieur, alors que se dessinait un accalmie !

Quelle chance nous avons eu, Byblos était baigné d’une lumière étincelante, magnifique et ce jusqu’au coucher du soleil sur la mer. Ce site fondé autour d’une source d’eau et fouillé au milieu du XIXe siècle par Ernest Renan est incroyable, on y côtoie des vestiges datant du Ve et du IVe millénaire av. J.-C., une enceinte et des temples du IIIe et du IIe millénaires (dont le temple aux Obélisques, le temple en L, le temple de Baalat Goubal), un théâtre romain, un château croisé et une maison ottomane.





Situé sur un promontoire rocheux dominant la mer, Byblos était un port important à l’époque antique et de nombreux objets en provenance de l’Egypte y ont été retrouvés, ce pays étant notamment friand des cèdres du Liban utilisés comme bois de construction pour les embarcations. A côté du site antique, la petite ville médiévale entourée de son enceinte, conserve une très jolie petite église du XIIe siècle. On ressent une très grande émotion en visitant Byblos, le site est exceptionnel et l’atmosphère très particulière ! L’air marin nous a surtout fait grand bien !





A bientôt !

Beyrouth




Prétextant un séminaire sur le vocabulaire de la ville à l’Institut français du Proche-Orient (Ifpo) à Beyrouth, nous en avons profité pour faire une excursion rapide au Liban. Pour cela, nous avons pris un taxi collectif et traversé les monts anti-Liban puis les monts Liban enneigés. Un spectacle magnifique et dangereux à la fois à cause de la tempête de neige au retour…et du chauffeur qui téléphone, trie les passeports des passagers pour la douane et planifie ses courses tout en conduisant sur un sol verglacé !


Après trois heures de route (ouf !), arrivée à Beyrouth, capitale du Liban ! L’Ifpo est situé au sein d’une sorte d’enclave française comprenant, entre autre, l’ambassade de France et le centre culturel français. Nous avons été logées dans des pavillons de l’époque du mandat derrière lesquels se trouve un grand immeuble criblé de traces de balles et autres projectiles…

Beyrouth, c’est une jolie femme qui a eu la petite vérole, dixit une chercheuse, et c’est assez vrai ! La rue de Damas, nord-sud, correspond à l’ancienne ligne de démarcation entre le quartier musulman à l’ouest et le quartier chrétien à l’est. En remontant cette rue vers le nord, on observe un paysage urbain très hétéroclite constitué d’immeubles encore tout cassés, de quartiers traditionnels plus ou moins préservés avec quelques maisons libanaises en pierre à arcades, très jolies (rue Monot), et des quartiers plus ou moins restaurés où se côtoient grands building et immeubles de style carton-pâte, pour ne pas dire kitsch quand ils imitent vaguement quelques palais néo-vénitiens.


Globalement, le maniement du klaxon est un sport national ici, il règne un vacarme et une pollution impressionnants dans cette ville en pleine mutation ! Le centre-ville, situé au nord, a été entièrement rasé par Hariri après la guerre, pour être refait à neuf, excepté quelques monuments religieux anciens et dorénavant restaurés.
A l’ouest de la place des martyrs où se trouve une tente à sa mémoire, se trouve la place de l’Etoile entièrement créée de toute pièce et bordée de rues à arcades. L’une de ses rues est dédiée à notre ancien président, Jacques. Ici, on trouve cafés, restos, discothèques et boutiques branchouilles, tout comme dans d’autres rues de la ville, comme la rue Gounaud à l’est. De grands espaces vides sont encore en chantier. Le long du port s’élèvent de très grandes tours, c’est le quartier des affaires, l’équivalent de la Défense à Paris. Le temps pluvieux et venteux ne nous a pas permis de faire une ballade le long de la Corniche d’où l’on peut contempler la mer.




Nous nous sommes donc rabattus sur le musée d’archéologie, véritable petite merveille ! Dans un édifice imitant un temple égyptien sont conservés toutes les trouvailles archéologiques nationales depuis la Préhistoire jusqu’à l’époque romaine, le bonheur !

Tout ce que je voyais avant dans les livres, étaient là sous mes yeux et subtilement mis en valeur par un très bel éclairage: sarcophage du roi Ahiram de Byblos, ex-voto du temple phénicien d’Eshmoun, statuettes en bronze et haches en or retrouvées dans le temple aux Obélisques de Byblos, très belle collection de vases en verre…! Pendant les conflits, la majorité des collections ont pu être protégées et certaines pièces, trop imposantes pour être transportées, ont été coulées dans une chape de béton.


Bien sûr, une visite sur un site archéologique s’imposait après cela, et pourquoi pas Byblos…

mardi 17 février 2009

Mont Kassioum, quartier chrétien et musée



Damas se contemple aussi de haut ! La colline qui domine cette ville s’appelle le mont Kassioum, l’équivalent de Montmartre pour Paris. On accède au sommet de ce gros caillou tout sec et poussiéreux en prenant un taxi, marcheurs s’abstenir ! Nous y sommes montés au coucher du soleil, à l’heure où les muezzins appellent à la prière. En buvant un thé parmi les habitants de Damas venus pique-niquer, nous avons pu observer un spectacle surprenant, les différents chants religieux s’entremêlant ! La capitale est plus facile à comprendre d’ici, malgré le nuage de pollution qui la couvre. En redescendant, on voit la gigantesque maison, ou bunker plutôt, du papa du président juchée sur un éperon rocailleux.


Le lendemain, poursuite de la découverte de la Vieille Ville, avec cette fois-ci, le quartier chrétien, situé à l’est. La transition est progressive, l’ambiance joyeuse et bruyante du souk mêlée aux klaxons faisant place à un endroit beaucoup plus paisible et reposant.

On y pénètre par une arche romaine située à l’intersection du cardo et du decumanus, les deux axes de l’ancienne ville romaine. En nous dirigeant vers Bab Sharki (porte de l’Est), on longe le patriarcat grec orthodoxe, des églises et des façades et bow-windows en bois sculpté prêtes à partir en poussière. Nous avons rencontré des joueurs de backgammon et pris un thé avec Youssef, commerçant et prof d’arabe parlant français (ouf !).



Bab Sharki est une des rares portes romaines ayant conservé sa forme originale, c’est-à-dire trois arches dont l’une est flanquée d’un minaret étrange rajouté au XIIe siècle. Au détour d’une rue cohabitent clochers et minarets, et ce jusqu’à Bab Touma (porte de St Thomas), d’où nous somme retournés vers la grande mosquée des Omeyyades, en nous perdant dans des ruelles labyrinthiques. Heureusement, les Syriens sont toujours très coopératifs quand on est perdu !



Le dimanche : journée au musée, forcément ! Le musée archéologique national est blotti au sein d’un jardin de sculptures, agrémenté d’une fontaine et d’un charmant petit café. On y entre par la façade monumentale du qasr (château) Al-Heir Al-Gharbi, d’époque omeyyade, réinstallée à l’entrée du musée. J’ai pu y contempler les collections d’antiquités d’Ougarit et la statuaire de Mari, notamment. Quel bonheur de les voir en vrai ! Je me réserve les périodes gréco-romaine et byzantine pour la suite…trop d’émotion!



A bientôt !

lundi 9 février 2009

Week-end en Syrie


Mon premier week-end en Syrie a été bien rempli !
Tout d’abord, samedi matin (enfin plutôt midi… !), nous avons déambulé dans Damas à la quête d’un hammam. Sur mon chemin, je n’ai pas pu résister à l’envie de photographier ces vieux bus bariolés que l’on voit un peu partout dans la ville. Ces « tape-cul » sont recyclés pour les écoliers qui en gardent un souvenir très douloureux!
Nous avons également visité la vieille gare du Hedjaz édifiée en 1913 dont seul le hall d’entrée est conservé avec ses vitraux filtrant la lumière (photo du sol). A l’intérieur, une exposition présente le projet de métro à Damas appelé la « Green line », livraison prévue pour 2016. Espérons que ces travaux permettront de mettre davantage à jour la ville antique (du boulot en perspective pour les archéologues !). Derrière la gare, à l’emplacement des anciens rails, un gigantesque centre commercial est en construction, course éperdue vers la modernité oblige…

Traversant la vieille ville et ses anciennes maisons à pan de bois et torchis, nous nous sommes faufiler dans de petites ruelles pour atteindre le hammam d’époque mamelouke réservé aux femmes ce jour là (un voile est alors disposé devant la porte).Ne rêvez pas messieurs, je n’ai aucune photo à vous montrer, vous devrez vous contenter du Bain turc d’Ingres ou des tableaux de Delacroix pour nourrir votre imagination !
Un pur moment de bien être, on entre d’abord dans une grande salle circulaire où se trouve un bassin et des banquettes. Après avoir mis ses affaires dans un grand tiroir en bois, on entre dans les bains où l’on peut tester la salle à vapeur, le gommage et le massage, plutôt énergique tout de même ! Ici, il fait chaud et très humide, la lumière est filtrée par de petites ouvertures pratiquées dans les coupoles. On se lave ensuite au savon d’Alep en puisant de l’eau dans des cuves en marbre. Une fois poncée, lissée et rutilante à souhait, on retourne dans la grande salle pour se délasser en buvant un thé ou en déjeunant. Les femmes présentes ce jour là se sont alors mises à chanter et danser au rythme d’un petit tambourin! Bref, une expérience magique et enivrante, on en ressort presque vidée mais détendue. Il paraît que dans les hammams réservés aux hommes, ces derniers font des batailles d’eau, quels grands enfants, n’est-ce pas !
Après le plaisir des sens, un shawarma et un grand jus d’orange pressé, un peu d’activité intellectuelle tout de même avec l’organisation d’un colloque de l’Ifpo sur les villes de Bosra (Syrie du sud) et de Jerash (Jordanie) ou le devenir de la ville antique après la conquête des Arabes. J’y ai notamment appris que ce qui différencie les thermes romains de leurs successeurs, les hammams, c’est l’utilisation nouvelle de la vapeur et l’organisation d’un parcours à sens unique…dingue non…bon d’accord, ça n’intéresse que moi !

Dimanche, nous avons donc enchaîné sur la visite de Bosra après 2 heures de bus. Ce site fut successivement agglomération fortifiée à l’âge du Bronze, importante ville nabatéenne, capitale de la province romaine d’Arabie, florissante cité épiscopale à l’époque byzantine, et ville sainte musulmane occupée jusqu’à nos jours, malgré plusieurs expropriations malheureuses. Ici, rien n’est figé, les habitants vivent au milieu des vieilles pierres taillées dans le basalte local qu’ils réemploient pour édifier leur maison.
Le spectaculaire théâtre romain a été transformé en citadelle sous les Abbassides. Après cette journée au grand air, nous sommes tous rentrés bien fatigués mais… heureux !
A bientôt !